2d festival les doléances : c’est le jour J

Après des mois de préparation, des centaines d’heures de bénévolat, des dizaines de partenaires mobilisés et plusieurs milliers de kilomètres parcourus à travers la France pour valoriser la parole citoyenne, le moment est enfin arrivé : le 2e Festival national Les Doléances ouvre aujourd’hui ses portes à Auger-Saint-Vincent.

Pendant deux jours, notre petit village de l’Oise deviendra un lieu national de rencontre, de réflexion, de création et d’espérance démocratique autour d’une question simple : que faisons-nous de la parole citoyenne ?

Depuis sept ans, le travail engagé autour des cahiers de doléances de 2018-2019 n’a cessé de grandir. Longtemps oubliés dans les archives, ces millions de contributions constituent aujourd’hui l’un des plus importants corpus citoyens de l’histoire contemporaine française. Ils témoignent d’attentes fortes en matière de justice sociale, de démocratie, de services publics, de proximité, d’écologie et de reconnaissance.

Mais Les Doléances ne regardent pas seulement le passé.

Le festival est aussi tourné vers l’avenir. À travers les débats, les tables rondes, les projections, les rencontres avec les chercheurs, les artistes, les élus, les collectifs citoyens et les habitants, il s’agit de montrer que l’intelligence citoyenne existe, qu’elle produit des analyses, des récits, des propositions et qu’elle peut contribuer à construire de nouvelles manières de faire démocratie.

Cette année, plusieurs temps forts rythmeront le week-end : la présentation des travaux de recherche en cours, les échanges autour des archives citoyennes, les réflexions sur les États Généraux Communaux, les interventions d’artistes et de compagnies engagées dans la médiation culturelle, sans oublier les moments conviviaux qui font aussi la richesse de ce rendez-vous.

Car l’une des convictions du festival est que la démocratie ne se réduit pas aux institutions. Elle se nourrit également de culture, de rencontres, de récits partagés et de la capacité des citoyens à penser ensemble leur avenir.

À Auger-Saint-Vincent, nous faisons le pari qu’un petit village peut devenir un grand lieu de débat national. Nous faisons le pari que les territoires ruraux peuvent être des espaces d’innovation démocratique. Nous faisons le pari que les citoyens ont encore beaucoup à dire et à construire.

Aujourd’hui, ce pari prend vie. Bienvenue au 2e Festival Les Doléances. Et surtout, bienvenue à celles et ceux qui continuent de croire que la démocratie est une aventure collective.

Le dossier de presse du festival des 12 et 13 juin 2026

Il y a sept ans, des millions de françaises et de français expriment leur colère et leur espoir. Sur les ronds-points, dans la rue, sur les places. Beaucoup prennent la plume aussi. Dans les mairies, lors de réunions publiques. Des cahiers de doléances se multiplient et donnent à voir l’intelligence citoyenne. Toutes ces pages racontent les difficultés, les attentes, les solutions possibles.

Pendant longtemps, cette parole est restée dans l’ombre. Depuis plusieurs années, avec de nombreux citoyens, chercheurs, élus, artistes et associations, nous travaillons les uns et les autres pour qu’elle retrouve sa place dans notre histoire démocratique bien sûr, mais aussi – et surtout – dans le débat politique.

Le 11 mars 2025, une première victoire est obtenue : l’Assemblée nationale vote à l’unanimité une résolution demandant la valorisation des cahiers de doléances de 2019. Quelques mois plus tard, le gouvernement Lecornu choisit de confier au Campus Condorcet et aux collectifs citoyens doléances de travailler à la publicisation de ce trésor national sur une plateforme internet.

Les 12 et 13 juin prochains, à Auger-Saint-Vincent, nous organisons la deuxième édition du Festival national Les Doléances et nous parlerons de tout ça, bien sûr, mais aussi de bien plus…

Nous échangerons sur la démocratie à travers la culture. Où les artistes rencontrent les chercheurs. Où les citoyens dialoguent avec les élus. Où les paroles de 1789, de 1945 et de 2019 se répondent.

Au fond, une question nous anime : Que faisons-nous de la parole citoyenne lorsque les citoyens ont parlé ?

Le dossier de presse est désormais disponible. Je vous invite à le découvrir, à le partager et, pourquoi pas, à nous rejoindre les 12 et 13 juin.

Festival des doléances – 2e édition Auger-Saint-Vincent – 12 & 13 juin 2026

Et si la parole citoyenne redevenait un moteur de transformation démocratique ?

Après une première édition fondatrice en mai 2025, nous lançons la deuxième édition du Festival des doléances. Deux jours pour faire vivre une conviction simple : les citoyens ne sont pas seulement à écouter, ils sont à associer, à reconnaître, à mettre en capacité d’agir.

Ce festival s’inscrit dans un moment particulier. Celui où la question n’est plus seulement : que disent les citoyens ? Mais bien : que fait-on de ce qu’ils disent ?

👉 Au programme :
– Paroles libres et témoignages;
– Table ronde sur la publicisation des cahiers de doléances (avec le Campus Condorcet);
– Conférence de l’historienne Danielle Tartakowsky sur les États généraux de la Renaissance française de 1945;
– Interpellation autour des États généraux communaux;
– Débat : la bataille des récits;
– Et une création théâtrale citoyenne : « On est là ! Une épopée citoyenne », par la compagnie Atmosphère théâtre, en complicité avec le Placard à ballets.

Ce festival est à la fois un espace de débat, de culture et d’action. Un lieu où se croisent habitants, élus, chercheurs, artistes et collectifs.

Il est porté par l’association Les doléances et le Café citoyen d’Auger-Saint-Vincent, tiers-lieu d’innovation citoyenne et culturelle, avec le soutien de la Fondation de France et de l’ANCT – France Tiers-Lieux.

👉 Dans un contexte où la centralisation reprend du terrain, nous faisons le pari inverse : celui d’une République qui se reconstruit depuis les communes et avec les citoyens.

Côté pratique, le festival ouvrira ses portes le vendredi 12 juin à partir de 17h. Il les refermera le samedi soir à minuit trente. Comme l’an passé, un espace camping sera ouvert au stade municipal. Les organisateurs ne prennent pas en charge la recherche d’hébergements. En revanche, nous organiserons un système de navette en mode co-voiturage depuis la gare de Crépy-en-Valois, située à 8 kilomètres d’Auger-Saint-Vincent.

Vous pouvez soutenir financièrement le festival via ce lien : https://www.helloasso.com/associations/le-cafe-citoyen-d-auger-saint-vincent/collectes/2eme-edition-du-festival-les-doleances

DOLÉANCES : LA FABLE DE L’ÉCOUTE

Le mardi 10 mars 2026 à 20h30, le Café citoyen d’Auger-Saint-Vincent accueille l’avant-première de DOLÉANCES – La fable de l’écoute, une création théâtrale puissante et profondément politique, portée par la Compagnie Artépo et mise en scène par Stanislas Roquette.

Cette pièce prend appui sur un matériau brut, rare, bouleversant : les cahiers de doléances du Grand Débat National (2019).Des centaines de milliers de contributions manuscrites, rédigées dans les mairies de France, témoignages d’existences ordinaires, colères sociales, appels à la justice, propositions radicales ou poétiques. Une parole citoyenne massive, longtemps reléguée dans les archives, et restée largement hors du débat public. La pièce fait dont la pari inverse : ouvrir ces cahiers, les lire, les dire, les incarner. Sur scène, deux actrices et un acteur donnent chair à ces textes, dans un théâtre de parole vivante, sensible, parfois drôle, souvent brûlant. La création interroge autant la vitalité démocratique que l’angle mort de l’écoute politique :

Comment a-t-on pu autant faire parler, et si peu écouter ? Cette avant-première s’inscrit dans une histoire déjà ancienne entre Auger-Saint-Vincent, le théâtre et les doléances. En 2021, au sortir de la séquence des Gilets jaunes et du Grand Débat, la toute première pièce de théâtre consacrée aux doléances citoyennes était présentée en avant-première à Auger-Saint-Vincent par la compagnie Atmosphère Théâtre.

La mise en scène était assurée par Marie Liagre, directrice de la compagnie, en association avec Hélène Desplanques, auteure et réalisatrice, dont les travaux ont largement contribué à faire connaître la richesse et la portée politique des cahiers de doléances. Cinq ans plus tard, le théâtre revient à Auger-Saint-Vincent pour évoquer à nouveau ces doléances. Non comme un simple rappel, mais comme une continuité, une persévérance : celle de ne pas laisser cette parole citoyenne sombrer dans l’oubli, et de continuer à la faire circuler, entendre, discuter.

UN LIEU EN RÉSONANCE : LE CAFÉ CITOYEN

Que cette avant-première ait lieu au Café citoyen n’a rien d’anodin. Installé au cœur d’un village rural, ce tiers-lieu est depuis plusieurs années un espace d’assemblée, de culture, de débat, de convivialité et d’expérimentation démocratique. Un lieu où la parole circule, se confronte, s’élabore collectivement. Accueillir DOLÉANCES au Café citoyen, c’est faire dialoguer le théâtre et la démocratie locale, la scène et la commune, l’art et le politique. C’est aussi affirmer que les villages, eux aussi, sont des lieux de pensée, de création et de réinvention démocratique.

UNE COMPAGNIE ENGAGÉE DANS LA PAROLE

Implantée à Amiens, la Compagnie Artépo développe depuis sa création un travail artistique exigeant autour de la parole : parole poétique, parole intime, parole politique, art oratoire. Elle est aujourd’hui compagnie associée et sociétaire à la Comédie de Picardie, et accompagnée dans le cadre d’une résidence territoriale avec Amiens Métropole. Avec DOLÉANCES, Artépo prolonge cette recherche en s’emparant d’un corpus exceptionnel, à la croisée de l’histoire politique, de la littérature citoyenne et du théâtre contemporain. La pièce s’inscrit dans une dynamique plus large de résidences de territoire, d’ateliers d’écriture, de groupes de parole et de restitutions publiques, visant à élargir et réactiver l’exercice démocratique.

Retrouvez ici le dossier de presse : c’est ici

INFOS PRATIQUES  
Mardi 10 mars 2026 à 20h30 Café citoyen – Auger-Saint-Vincent (Oise)
Mise en scène : Stanislas Roquette
Avec la Compagnie Artépo
Avant-première – places limitées
Entrée libre / participation consciente

Doléances : Sébastien Lecornu entérine le Campus Condorcet associé aux collectifs doléances pour publiciser le corpus !

C’est une avancée majeure. C’est une victoire décisive pour les #cahiersdedoléances et la parole citoyenne.

Après des années de mobilisation et de travail collectif, l’arbitrage du cabinet du Premier ministre Sébastien Lecornu vient de valider officiellement la mise en ligne et l’accessibilité des cahiers de doléances confiée à Campus Condorcet.

Cette décision marque un tournant politique et démocratique : les doléances de 2018-2019 ne resteront pas dans l’ombre. Elles vont bientôt entrer vraiment dans l’espace public, comme corpus vivant et accessible par toutes et tous.

Plusieurs points essentiels sont actés :
👉 Le choix de repartir du corpus existant, celui des cahiers photocopiés puis numérisés en 2019. C’est une reconnaissance claire de l’existant, du travail déjà accompli et de l’urgence démocratique qu’il représente.
👉 La mise en place d’un dispositif de “correction” et d’amélioration continue, après la mise en ligne. Autrement dit : le corpus ne sera pas figé. Il pourra être enrichi, précisé, consolidé dans le temps.
👉 La reconnaissance du rôle des collectifs citoyens, aujourd’hui mobilisés pour la publication des cahiers de doléances. La phase de test permettra de définir juridiquement et techniquement les modalités de leur association à l’amélioration de la qualité du corpus, sans qu’ils soient considérés comme de simples sous-traitants.
C’est un point fondamental : la parole citoyenne n’est pas une prestation, c’est un bien commun démocratique.

Enfin, une visite prochaine du Campus Condorcet est annoncée. Elle viendra clore les travaux du groupe de travail et permettra de présenter concrètement les modalités de mise en œuvre et de pilotage de la suite du projet.

Cette décision est une victoire collective. Une victoire pour celles et ceux qui ont écrit, lu, archivé, défendu et fait vivre les #doléances. Une victoire pour toutes celles et ceux qui refusent que cet immense acte démocratique soit relégué au silence. Une victoire pour l’idée simple mais exigeante que la démocratie ne s’enterre pas, elle se partage.

De Tarare à Redon, les doléances mobilisent et redonnent de l’espoir joyeux

Je reviens de deux rencontres qui m’ont profondément marqué. Deux déplacements un weekend. Deux territoires très éloignés. Deux réalités géographiques très différentes. Et pourtant, un même frémissement démocratique.

Le premier temps d’échange s’est déroulé dans le Rhône, le 31 janvier, dans la commune de Les Olmes, à l’invitation de l’Association intercommunale d’information mutualiste, dans une salle municipale, avec la lecture de doléances par le Collectif X de Saint-Étienne, qui a donné à la rencontre une profondeur sensible et incarnée. Ce temps a également été marqué par le travail remarquable de l’historien François Robert, membre du laboratoire de sciences politiques Triangle (CNRS – ENS Lyon), avec qui se noue aujourd’hui une complicité intellectuelle et citoyenne particulièrement stimulante autour de la lecture politique et historique des doléances.

👉 Pour celles et ceux qui souhaitent approfondir, je publierai également un article spécifique dans la rubrique Recherche du site, consacré à la présentation de ses travaux sur les doléances de l’Ouest lyonnais.

Le second rendez-vous s’est déroulé dans la foulée à Redon (Finistère), le 1er février, lors d’un ciné-causerie organisé par le groupe Auditions citoyennes, au cinéma Manivel, en lien avec de nombreux collectifs citoyens locaux, notamment ceux engagés le 10 septembre autour du mouvement Bloquons Tout. Avec, là aussi la lecture de doléances et de témoignages. Cette rencontre a notamment été portée par Jonathan, grande figure de la Maison du peuple de Saint-Nazaire, aujourd’hui installé à Redon, animateur du site www.le-rondpoint.org, avec qui des convergences fortes sont en train de prendre forme autour de nouvelles manières de valoriser la parole citoyenne et l’engagement démocratique.

Au total, près de 200 personnes rencontrées, venues écouter, débattre, questionner, parfois contredire, mais surtout chercher comment reprendre prise sur leur avenir commun.

Ce qui m’a frappé, au-delà des différences territoriales, c’est la convergence des préoccupations. Partout, le même sentiment d’un éloignement de la décision publique, d’une complexité administrative devenue illisible, d’un empilement de transferts techniques et financiers qui finissent par rendre incompréhensible la question pourtant simple : qui décide, et pour quoi faire ?

Mais partout aussi, la même volonté de ne pas s’en tenir au constat.

Aux Olmes comme à Redon, les échanges autour des @ÉtatsGénérauxCommunaux ont montré que la démocratie locale reste un espace possible de reconstruction politique. Parce que c’est là que se joue ce que j’appelle le #concernement : ce moment où l’on se sent impliqué parce que les décisions touchent directement nos lieux de vie, nos paysages quotidiens, nos conditions d’existence.

Ce concernement n’est pas seulement celui des citoyens. Il est aussi celui des élus. Le message des États Généraux Communaux est clair : l’impuissance institutionnelle ne peut plus être une réponse. Dire « je n’ai plus la compétence » ne suffit plus. Il s’agit désormais de remettre en débat ce qui ne fonctionne plus, y compris des organisations administratives devenues illisibles pour les habitants comme pour les élus eux-mêmes.

Ces échanges ont aussi confirmé l’importance du double engagement démocratique : celui des habitants et celui des élus locaux. La démocratie ne peut pas vivre uniquement au rythme des échéances électorales. Elle suppose un travail continu de dialogue, de confrontation d’idées et de co-construction. Elle suppose aussi que les élus acceptent d’ouvrir des espaces de discussion réels et que les citoyens acceptent d’y prendre leur part.

Un autre point est apparu avec force dans ces deux rencontres : le rôle essentiel de la #culture dans le réengagement démocratique. Aux Olmes, la lecture des doléances par le Collectif X a montré combien la parole citoyenne, lorsqu’elle est portée par une forme artistique, touche autrement, ouvre des espaces d’écoute et rend possible une parole parfois empêchée. À Redon, la lecture des témoignages lors des Auditions citoyennes a produit le même effet. La culture ne se contente pas d’accompagner la démocratie. Elle en recrée souvent les conditions, en permettant à chacun de retrouver sa place dans le récit collectif.

Ce qui relie profondément ces deux rendez-vous, c’est peut-être l’impression qu’un mouvement discret est en train de grandir. Pas un mouvement spectaculaire. Pas un phénomène uniforme. Mais une montée lente, enracinée dans les territoires, qui traduit une volonté de faire autrement, de reprendre collectivement la capacité d’agir.

Nous n’en sommes pas à un soulèvement au sens classique du terme. Mais il y a, dans ces assemblées citoyennes, dans ces discussions exigeantes et parfois longues, quelque chose qui ressemble à une effervescence civique. Une conviction partagée que la démocratie ne pourra se réparer ni par décret, ni par simple alternance politique, mais par une reconstruction patiente depuis les lieux de vie.

Ces deux déplacements m’ont surtout confirmé une chose : malgré la fatigue démocratique, malgré la défiance, malgré la complexité institutionnelle, il existe encore une #énergie citoyenne prête à s’engager, à condition qu’on lui ouvre des espaces sincères, respectueux et exigeants.

Ce que j’ai vu à Les Olmes et à Redon, ce n’est pas seulement une inquiétude démocratique. C’est une démocratie qui cherche, discrètement mais résolument, à se relever.

Procès des doléances : Tribunal populaire d’Auger-Saint-Vincent

Cette vidéo documente une performance publique prenant la forme d’un tribunal populaire, consacrée au devenir des cahiers de doléances du Grand Débat national de 2019. Cette pièce de théâtre s’est déroulée lors du premier festival national des doléances, organisé à Auger-Saint-Vincent, dans l’Oise, par l’association Les doléances en partenariat avec le tiers-lieu d’innovation civique et culturel, le Café citoyen d’Auger-Saint-Vincent.

À travers une mise en scène volontairement simple et satirique, le procès interroge un fait précis : l’engagement pris par le Président de la République de rendre accessibles à toutes et tous les contributions citoyennes recueillies à l’échelle nationale — engagement qui, six ans plus tard, n’a toujours pas été tenu.

Le tribunal populaire ne juge pas une personne mais un manquement politique : celui de la parole donnée, de la promesse de transparence et du respect dû à l’expression citoyenne.

La vidéo est accompagnée d’un texte joint, correspondant à la transcription quasi in extenso, de la performance. Cette transcription a fait l’objet de corrections minimales (ponctuation, accords évidents, mise en forme), sans réécriture ni interprétation, afin de garantir sa lisibilité tout en respectant le propos original.

Cette mise en ligne s’inscrit dans le travail mené par l’association Les Doléances, visant à documenter, préserver et rendre accessible la parole citoyenne exprimée en 2018-2019, et à interroger les conditions démocratiques de sa prise en compte.

Ultraforces, contre-révolution et soulèvement communal : reprendre la main politique…

À #Davos, #Trump incarne un imaginaire politique d’une brutalité assumée : je creuse, je colonise, je m’enrichis… Les sols, la nature, les vies, les peuples, la démocratie elle-même sont anéantis. Une modernité sans limites, sans responsabilité, sans soin.


Ce n’est pas un hasard si ses soutiens les plus emblématiques sont #Milei et #Poutine. L’un démantèle l’État et les solidarités au nom du marché total. L’autre écrase toute opposition au nom de l’ordre, de la force et de l’empire.
👉 Dis-moi qui te soutient, je te dirai qui tu es vraiment.

Comme l’analyse le philosophe belge Pascal Chabot, nous sommes confrontés à des #ultraforces : puissances financières, numériques, technologiques et extractivistes devenues hors d’échelle humaine. Elles se sont affranchies de tout, inaccessibles au débat démocratique.

Dans le même temps, comme le souligne Jean Viard, une contre-révolution est à l’œuvre : #masculiniste, #antiécologique, hostile aux limites, nostalgique de la force et de la verticalité. Elle prospère sur des colères bien réelles, mais détourne ces colères vers le ressentiment, la haine et la désignation de boucs émissaires.

Face à cette double dynamique — ultraforces globales et contre-révolution autoritaire — une question centrale se pose : où reprendre la main politique ?
La réponse que nous défendons commence dans la commune. Non comme un repli, mais comme un lieu stratégique de résistance démocratique, là où la politique reste incarnée, compréhensible, mise en discussion. Là où les citoyennes et les citoyens peuvent encore se parler, s’opposer, construire des alliances et transformer les conflits en décisions collectives.

À travers les États Généraux Communaux – EGC, les #doléances, les désaccords, les colères ne sont pas contenues ni méprisées : elles deviennent une matière politique légitime. Le #manifestecommunal est la forme par laquelle cette matière peut atterrir politiquement. Il transforme la parole en engagement, la critique en orientation, la résistance diffuse en projet partagé.

Le #manifeste n’est ni un slogan ni un programme électoral. Il est l’héritier des #chartes communales, du bon gouvernement de #Sienne et des principes de l’autonomie locale. Inspiré par le #convivialisme, le manifeste communal affirme une autre grammaire politique :
👉 accepter le conflit sans sombrer dans la destruction,
👉 opposer la limite choisie à l’extraction sans fin,
👉 préférer le soin du vivant à la domination,
👉 construire des alliances plutôt que des ennemis.

Face aux ultraforces qui écrasent et aux contre-révolutions qui excitent, le manifeste communal est un outil de soulèvement démocratique pacifique. Il ne promet pas la victoire immédiate, mais il rétablit l’essentiel : la capacité collective à décider, à nommer le réel et à reprendre responsabilité de l’avenir.

Les doléances de la Somme : conférence de Romain Benoit-Levy le 10/02/2026

Conférence « Déchiffrer les cahiers de doléances de la Somme de 2018-2019 ». Aux archives départementales de la Somme, à partir de 18h30 le 10 février 2026. Accès libre. Fermeture des portes à 18h30 précises.

Dans le contexte des mobilisations sociales qui ont marqué la France à la fin de 2018 — notamment les mouvements des Gilets jaunes — de nombreuses communes de la Somme ont ouvert des cahiers de doléances. Ces registres, inspirés des usages historiques mais réactivés ici par une double demande citoyenne et institutionnelle, ont rassemblé des milliers de contributions adressées aux autorités publiques. 

S’appuyant sur un corpus inédit de ces cahiers, Romain Benoit-Lévy et ses collègues ont entrepris une analyse interdisciplinaire (histoire, sociologie, cartographie et statistique) pour interroger ces écrits comme véritables sources historiques de l’expression politique contemporaine. Leur travail met en lumière les contextes de production, les types d’expressions sociales, ainsi que les préoccupations centrales des contributeurs — notamment sur le travail, la pauvreté, l’impôt et la justice sociale. 

🧠 Pourquoi c’est important

🔹 Cette recherche offre une lecture innovante des modes d’expression citoyenne contemporains, au carrefour entre mobilisation sociale et interaction avec les institutions. 
🔹 Elle questionne le rôle des formes écrites de doléances dans un climat de défiance envers les canaux traditionnels de représentation politique. 
🔹 Elle éclaire des enjeux de justice sociale et de démocratie participative à partir des paroles mêmes des citoyens. 

📚 Vers le travail de recherche

Le texte de fond sur lequel s’appuie cette conférence s’intitule :

👉 Baciocchi, S., Benoit-Lévy, R., Castanié, S., Cerutti, S., Sanchez, P.-L. & Schijman, E. (2024), Decrypting the Cahiers de Doléances: Sources, Contexts, and Political-Economic Proposals (Département de la Somme, 2018-2019)Annales. Histoire, Sciences Sociales, Vol. 79 (1), 7-56.

🔗 Vous pouvez consulter le résumé complet et accéder au texte via Cairn.info :
https://shs.cairn.info/journal-annales-histoire-sciences-sociales-2024-1-page-7?lang=en