Le comité de pilotage, en attentant son installation

A ce propos, nous venons d’être informé par un courrier Patrick Mignola, Ministre des relations avec le Parlement, qu’un groupe de travail sera constitué d’ici la fin du mois d’avril 2025. Il sera composé : 

  • d’un représentant par groupe parlementaire de l’Assemblée nationale et du Sénat.
  • de deux représentants des associations d’élus (Association des maires ruraux de France dont je fais parti, Association des petites villes de France, Association des Maires de France)
  • de représentants du Conseil économique, social et environnemental (Cese). 

En vue d’un accès numérique à tous aux cahiers, ce groupe de travail doit « préparer les modalités pratiques d’anonymisation des cahiers », de « piloter et d’évaluer les résultats d’un premier test sur un échantillon de cahiers ». De produire une « recommandation sur le financement d’une nouvelle analyse des contenus des cahiers », et de « proposer les modalités d’accès des Français aux contenus, une fois anonymisés. »

Enfin, dernier point à relever qui intéressera tous les collectifs citoyens qui se mobilisent un peu partout en France, un arrêté co-signé du Premier ministre et de la Ministre de la Culture sera bientôt pris (NDLR. Date non précisée) permettant une ouverture générale de l’accès aux archives des cahiers citoyens conservés dans les archives départementales et numérisés dans les archives nationales.

Monsieur le Président de la République…

Auger-Saint-Vincent, le 9 juin 2024

Pourquoi, un an après mon premier courrier, écris-je de nouveau au Président de la République ? Déjà parce que je n’ai pas encore eu de réponse aux deux précédents, mais surtout parce que je préviens le Président que le documentaire sera diffusé sur France 3 nationale le 17 juin 2024 à 22h40. Puis, le 19 juin 2024, à partir de 21h30, la résolution transpartisane dont nous parlons dans le film sera mise en débat à l’Assemblée nationale. 

Cinq ans après les Gilets jaunes, les cahiers de doléances toujours inaccessibles à une majorité de citoyens

Des élus tentent de faire pression sur l’État pour que les cahiers de doléances et les contributions issus du mouvement des Gilets jaunes soient véritablement versés dans le domaine public. Une promesse présidentielle non tenue.

Ce devait être un nouveau « trésor national ». Il y a cinq ans, au cœur de la crise des Gilets jaunes, les Français remplissaient 500 000 contributions en ligne et plus de 19 000 cahiers de doléances dans les communes, pour dire leur exaspération et leur attente en termes de pouvoir d’achat, de démocratie, d’accès aux services publics. Décembre 2018, les maires ruraux avaient lancé une opération « mairie ouverte » pour « écouter la colère ». Début 2019, alors que les cortèges étaient émaillés de violences, le chef de l’État leur emboîtait le pas avec la plateforme du Grand débat national. Un exercice de démocratie directe qui allait réunir deux millions de personnes, une participation inédite depuis la Révolution.

« Par chez nous, les gilets jaunes campaient au rond-point de Chamant, pile en face de l’entrepôt Amazon symbole de la mondialisation des échanges », se souvient Fabrice Dalongeville, maire (SE) d’Auger-Saint-Vincent, 500 habitants. Ici, entre Senlis et Crépy-en-Valois (Oise), la mairie n’avait pas attendu la crise des Gilets jaunes pour ouvrir un « Café citoyen » affublé de la Déclaration des droits de l’Homme. Ce « tiers lieu » accueille des concerts, une épicerie de secours, des tables pour boire un coup, jouer au Scrabble, travailler, refaire le monde. Les cahiers remplis en décembre 2018 et après « sont une matière encore vivante », estime Fabrice Dalongeville. « Mr le Président, faites un effort pour les Français qui sont dans la misère », écrit par exemple cette mère de famille.

« On sentait chez le président une grande tension »

« Début janvier 2019, Emmanuel Macron avait reçu une délégation des maires ruraux où nous devions lui remettre une clé USB avec les doléances de nos habitants. Ça devait durer un quart d’heure. Nous sommes restés deux heures. On sentait chez le président une grande tension, il cherchait comment répondre à la crise qui s’éternisait », poursuit le maire d’Auger-Saint-Vincent. « Puis Emmanuel Macron a pris l’engagement de rendre publiques les doléances dans un format open source », rappelle ce passionné d’histoire, qui a immédiatement fait le lien avec la Révolution avant de prendre une part active dans le suivi des événements. De fait, l’État s’était bien engagé à mettre en ligne contributions et doléances « progressivement et régulièrement sous licence libre. »

Pourtant, cinq ans après, les écrits qui devaient constituer « un patrimoine vivant » ne sont toujours pas accessibles au grand public. Certes, les doléances ont été versées aux archives départementales et sont immédiatement communicables en tant qu’archives publiques, excepté celles dont les auteurs sont identifiables. Sauf que les archives sont un service peu connu, dans lequel il faut se rendre physiquement, et par conséquent souvent fréquenté par les seuls chercheurs.

Seulement quatre consultations en cinq ans dans la Somme

Dans la Somme, seulement quatre personnes ont ainsi demandé à avoir accès aux cahiers abrités à Péronne. Dans l’Oise, les archives n’ont pas répondu à nos questions. Mais le résultat est certainement aussi médiocre. « Les gens ne savent pas où se trouvent les cahiers, et ils n’ont pas souvent une journée entière pour s’y consacrer », relève Hélène Desplanques, auteure du documentaire « Les doléances » où le maire d’Auger Saint-Vincent lui sert de fil rouge. Si ce n’est toujours pas le cas dans la Somme, une grande partie des doléances, près de 80 %, a cependant été numérisée. « Sur un plan technique, rien ne s’oppose à une mise en ligne », s’impatiente Fabrice Dalongeville.

Une vingtaine de députés – majoritairement de la NUPES – n’en pense pas moins. Cinq ans après le lancement du Grand débat national, ce 15 janvier, ils ont déposé une proposition de résolution transpartisane afin que les cahiers soient consultables sur internet. Pour le député de l’Aisne Jean-Louis Bricout (Liberté, indépendants), seul Picard dans ce groupe : « Les gens sont désabusés de la parole politique. » Selon lui, l’enterrement des cahiers est « un mauvais signal de plus. »

Des causeries en février à Senlis et Beauvais autour du documentaire Les doléances

Outre sa diffusion prochainement sur France 3 (Ile-de-France, Grand Est et Nouvelle Aquitaine), le documentaire « Les doléances » d’Hélène Desplanques donne lieu à une série de « causeries », treize au total. La première s’est déroulée le 13 janvier au Café citoyen à Auger-Saint-Vincent (Oise), là où tout a commencé avec son maire Fabrice Dalongeville. Pour la Picardie, deux autres sont programmées : à Senlis (cinéma) le 22 février et à Beauvais (lieu non connu) le 23 février. De la Nièvre à la Meuse, en passant par la Picardie et la Gironde, jusqu’à l’Assemblée nationale, ce « docu » inédit revient sur la crise des gilets jaunes débutée en 2018 et les plus de 225 000 doléances des Français qui ont suivi. D’un bout à l’autre, on retrouve le maire d’Auger-Saint-Vincent à la rencontre des collectifs de citoyens qui réclament que les textes soient enfin consultables par le plus grand nombre.

Des causeries pour prolonger la réflexion

L’émotion par l’image

Nicolas Duchêne est chef opérateur de prises de vues.

Diplômé de La Femis (Ecole nationale supérieure des Métiers de l’Image et du Son) en 2000, il a poursuivi son apprentissage de l’image en tant qu’assistant caméra aux côtés de chefs opérateurs comme Carlo Varini, Katell Djian et Yorgos Arvanitis. 

Il travaille en fiction (« Souffler plus fort que la mer », de Marine Place) comme en documentaire (« Que l’amour », de Laetitia Mikles, « La vierge, les coptes… et moi », de Namir Abdel Messeeh)…  

Dans un équilibre entre la mise en scène et la spontanéité du moment présent, il cherche à apporter aux films une image vivante, esthétique et à rendre le réel cinématographique sans le trahir, 

« Les Doléances » est sa deuxième collaboration avec Hélène Desplanques après « Liquidation totale ». 

Les doléances citoyennes

Le tiers-lieu Le café citoyen d’Auger-Saint-Vincent a pour objet la mise en œuvre de pratiques collectives, participatives et innovantes. Labélisé en 2023 Fabrique de territoire, Le café citoyen favorise le lien social, l’expression de la citoyenneté active et le développement de l’économie locale, sociale et solidaire.

En tant que lieu de convivialité et de sociabilité, Le café citoyen d’Auger-Saint-Vincent promeut la ruralité culturelle. Il sensibilise à la culture, aux arts, au numérique et à l’environnement en proposant divers projections, débats et événements. L’association développe aussi une activité d’édition et de vente de biens culturels. Elle s’inscrit dans le mouvement de l’éducation populaire. 

Engagée dans la démarche de rendre public les cahiers de doléances, l’association accueille en 2022 la pièce de théâtre documentaire « Les doléances » en avant première dans les Hauts-de-France, écrite par Hélène Desplanques et mise en scène par Marie Liagre. 

En 2024, une nouvelle étape est franchie par la création du site internet les doléances. Sa vocation éditoriale : rendre visible les doléances et celles et ceux qui les ont écrites, susciter le débat, être témoin de son temps, faire preuve d’empathie et de détermination. 

De la suite dans les idées…

Biographie Hélène Desplanques.

Née en 1979, Hélène Desplanques habite à Lille. Elle a suivi des Etudes de lettres, de cinéma et de journalisme, puis a finalisé sa formation par un Master de Réalisation Documentaire de création, à Lussas. Elle a est également diplômée depuis 2019 d’un Master de Direction d’Etablissement Culturel à Paris Dauphine.

Hélène Desplanques est une auteure et réalisatrice de documentaire avec un penchant particulier pour les questionnements sociaux et économiques. Ses films documentaires (« La communauté du 28 », « Liquidation totale », « La cour d’Honneur », « Martine Aubry, la dame de Lille ») ont été diffusés sur France 2, France 3, RTBF, Public Sénat, Planète Justice, TV5 et d’autres chaines. 

Auteure et porteuse de projet avec Marie Liagre (Compagnie Atmosphère Théâtre) d’une création théâtrale « On n’est pas que des valises ou l’épopée des salariés de Samsonite !», elle a impulsé et accompagné la formidable expérience artistique, sociale et engagée qu’a constitué ce spectacle et sa tournée de 6 ans (90 représentations) pour les 7 comédiennes-ouvrières de l’usine Samsonite d’Hénin-Beaumont.

Elle a également collaboré à plusieurs reprises avec la revue 21 en écrivant plusieurs grands reportages (notamment sur Esmeralda Romanez et Curtis Roosevelt). 

En 2021, « Le Ministère » (13 Prods), filmé dans les couloirs de Bercy, pose la question du pouvoir politique face aux puissances économiques. Il a été diffusé sur Public Sénat et France 3. 

En 2022, elle écrit un spectacle de théâtre documentaire : « Les Doléances », avec Marie Liagre à la mise en scène. Le public qui les accueille dans la tournée en Hauts-de-France est unanime: il faut continuer à en parler! 

Dans la foulée, elle réalise un film documentaire « Les Doléances » avec 13 Prods, et la participation de France TV.

Elle travaille actuellement au scénario d’un long-métrage de fiction, avec la réalisatrice Marine Place, ainsi qu’à l’écriture d’un long-métrage documentaire : « Notre mer à tous ».

Opération « Mairie ouverte »

Né en 1966, Fabrice Dalongeville demeure à Auger-Saint-Vincent depuis plus de 30 ans. Après des études secondaires au Lycée Mireille Grenet de Compiègne, il poursuit des études supérieures d’histoire-géographie à Lille 3 puis rejoint rapidement la Sorbonne Paris IV. Après sa maitrise, il s’oriente vers le métier de journaliste et se forme au Centre de Perfectionnement des Journalistes de Paris.

Fabrice Dalongeville démarre son métier de journaliste dans la presse de l’Oise (Le Parisien, co-fondateur de Oise Hebdo) puis rejoint un groupe de presse high tech en 1995. Il y occupe différentes fonctions, du poste de rédacteur à celui de rédacteur en chef. En 2008, après de multiples plans de restructuration depuis l’éclatement de la bulle internet en 2001, il quitte la presse parisienne pour progressivement évoluer vers le métier de consultant en communication. Il crée FD Communication. 

Après avoir repris des études à l’IEP d’Aix-en-Provence en 2013 et obtenu un master 2 en intelligence économique, il évolue encore et se spécialise dans le développement et la transition des territoires, notamment ruraux. Il collabore régulièrement avec le cabinet de conseil CoManaging. 

En parallèle à sa carrière professionnelle, il a très tôt été engagé dans la vie publique en étant élu conseiller municipal d’Auger-Saint-Vincent au printemps 2001. Il occupera la fonction de premier adjoint à la suite de cette élection pour devenir maire dès mars 2004. 

Outre cette fonction, Fabrice Dalongeville a également l’expérience d’un autre mandat : il est élu au Conseil régional de Picardie en 2010 dans une majorité de gauche. En charge du tourisme, ce mandat s’achèvera en 2016. Opposé à la fusion de la Picardie avec le Nord-Pas de Calais, il se mettra en retrait de l’engagement partisan.   

Outre son engagement municipal, il est impliqué dans l’Association des Maires Ruraux de France en étant le président de l’association du département de l’Oise. C’est à la suite de l’opération « Mairie Ouverte » qu’il animera en 2018 dans l’Oise qu’il s’engage pour rendre publique les doléances. Cinq ans plus tard, l’engagement ne faiblit pas. 

Ce que dit ChatGPT des doléances

Quels sont les impacts des cahiers de doléances de 2019 ?

À ma connaissance (coupée en janvier 2022), il n’y a pas eu de cahiers de doléances officiels émis au niveau national en 2019 en France, similaires à ceux de la Révolution française. Cependant, certaines collectivités locales ont parfois utilisé des cahiers de doléances pour recueillir les préoccupations des citoyens dans le cadre du mouvement des « gilets jaunes » ou d’autres problématiques spécifiques.

Si vous faites référence à un événement spécifique en 2019 que je ne suis pas au courant, je vous encourage à fournir plus de détails. En l’absence d’une information précise sur des cahiers de doléances nationaux en 2019, je ne peux pas donner d’informations spécifiques sur les impacts de tels cahiers.

Si vous avez des informations supplémentaires ou une clarification sur le contexte auquel vous faites référence, je serais ravi de vous aider autant que possible.

Sur la N145, une cabane en veille

26 juin 2023

A proximité du rond-point de la Croisière à quelques encablures de Saint-Amand-Magnazeix, une cabane « Gilets jaunes » est toujours en place, installée sur un terrain privé. 

Elle est discrète, à peine perceptible depuis la voiture. C’est vrai qu’à la sortie du rond point on accélère, on est plutôt concentré sur la route vu le volume de poids lourds qui circulent sur cet axe. D’ailleurs, Hélène et Nicolas ne l’avaient pas aperçue. Je crie « des gilets jaunes » comme si la terre inconnue apparaissait devant mes yeux, et fais demi-tour un peu plus loin. On revient sur les lieux et on trouve à se garer à proximité. 

Les messages sont là : la pauvreté tue; Liberté Egalité Fraternité; RIC; votez justice sociale et fiscale. Un peu plus loin, on peine à déchiffrer les différentes épaisseurs de messages, la sédimentation de la lutte à ses effets. En observant un peu plus encore la cabane, on distingue un conduit de cheminée, marque que l’hiver 2018/2019 n’est pas sans effet sur les corps, même pour les tempérament les plus en colère. Devant le baraquement, un fût de 100 litres est posé. La peinture extérieure n’est plus là, à force de bruler les dizaines de stères de bois. On observe des morceaux de bois secs, comme si l’essentiel était déjà là, prêt à de nouveau entrer en service, une allumette plus tard…

J’ai voté Bayrou et après Macron

24 juin 2923

Pierre est un modéré. Il est fils d’agriculteur et il sait qu’il doit beaucoup à la République. Il participe à chaque scrutin depuis qu’il en a la possibilité. Il admet avoir une bonne situation qui, par décence, ne l’a pas conduit sur un rond point. Pour autant…

Nous sommes à Langeas, dans un joli pavillon d’à peine trois étés. L’accueil est simple, chaleureux. Pierre a fait sa carrière à la chambre de commerce et d’industrie de la Creuse. Les bureaux sont à Gueret. Pierre n’est pas un révolutionnaire, il participe activement à la vie économique de sa région tout au long d’une carrière bien remplie. Avec sa femme enseignante en français, ils élèvent leurs enfants et aujourd’hui ont la joie de s’occuper de leurs petits enfants. Quand Pierre lit sa doléance, inutile d’engager un débat pour comprendre les sous-entendus. Tout est clair, limpide. 

En voici le texte. Je n’ai pas voulu extraire de passages significatifs, j’ai voulu la livrer dans son jus. Dans les doléances, il n’y a pas que l’expression de la colère, du malaise social. Il y a aussi des témoignages de citoyens qui observent que dans la pratique du pouvoir, les vieux réflexes des privilégiés ont la vie dure. Les choix idéologiques creusent un peu plus encore les fractures sociétales. Quand Pierre parle de la République, il convoque son triptyque : liberté, égalité, fraternité. Rien ne va si l’une est placée au coeur de l’action politique au détriment des autres.

« Je ne suis ni historien, ni intellectuel, ni riche, ni pauvre, ni politisé, je suis comme beaucoup, un citoyen qui m’implique dans la cité et qui vote, enfin quoi ? Un homme normal. Je voyage, je lis, je jardine, j’ai une famille, des enfants et petits-enfants, je me suis toujours satisfait d’un revenu correct, je ne me lamente pas si je n’ai pas de bateau et par solidarité je suis ravi de payer des impôts, je parle aussi quelquefois à des analphabètes, à des sans dents, je les respecte car ils ont des choses à me dire. Je me considère bien sûr faisant partie du peuple et surtout de ce peuple mal considéré, j’en suis fier et contrairement à l’idée bien-pensante, je ne veux pas être classé comme un populiste. Par ailleurs, je reconnais très volontiers que je préfère, de loin, vivre en France plutôt qu’ailleurs dans le monde, mais ce n’est pas pour autant que je trouve que tout est convenable dans notre pays, bien au contraire.

J’ai voté Emmanuel Macron dès le premier tour pour chasser cet ancien monde qui avait abandonné le pouvoir politique au pouvoir économique, à la finance entre autres… et ne s’occupait que de politique politicienne. Le discours ni gauche ni droite m’a séduit. Pour information, j’avais déjà voté François BAYROU.

Au début, j’ai voulu faire confiance aux premiers de cordée mais j’ai très vite compris que contrairement à la pratique de l’alpinisme, les gens riches ne regardaient jamais derrière et qu’ils ne seraient pas reconnaissants envers notre Président et qu’ils ne feraient aucun geste pour créer de l’emploi. Résultat, la politique menée n’a fait qu’amplifier la méthode du vieux monde et pire, le mensonge et l’arrogance ont conduit à la révolte. Pour se faire élire, on propose la suppression de la taxe d’habitation et pour la compenser on augmente les carburants au nom de la transition écologique.  

Je suis fils d’agriculteur, je dois dire merci à la République qui m’a permis par l’obtention de bourses d’accéder à des études supérieures et ainsi m’offrir une situation professionnelle convenable. Aujourd’hui, retraité, je prétends faire partie de ceux qui ont une aisance modeste et donc par décence je ne porte pas le gilet jaune mais je comprends leur situation, même si je condamne les excès en tout genre. Je dois dire que je suis davantage choqué par le mensonge d’un député qui ment les yeux dans les yeux sur les bancs de l’Assemblée Nationale (En gras dans le texte).

Je pense que les gilets jaunes ont faim et ne supportent plus que les donneurs de leçons mangent trop bien. Au début du mouvement, ils réclamaient uniquement de la justice fiscale. Une réponse instantanée, digne et honnête aurait permis d’apaiser le conflit. Maintenant ils veulent davantage : un débat social et même tout changer, à l’image du RIC, de la limitation de vitesse, du mariage ouvert à tous… Toutes ces revendications sont louables mais je crains que l’on ne s’attarde sur ces demandes et que l’on ne réponde pas à la vraie question sous-entendue au début des manifestations à savoir dans quel monde voulons-nous vivre ? 

Depuis 1792 et ensuite 1848, les idées de liberté et d’égalité puis de fraternité en France ont façonné un modèle de société qui a fait notre identité et notre unité. Pourquoi devrions-nous en changer pour vivre dans un modèle anglo-saxon? Je reconnais que dans la mondialisation, les riches ont tout à y gagner mais les pauvres ont tout à y perdre. 

Ne sommes-nous pas encore une nation ?